• Adrien Béat (Pôle Communication)

De rares portraits de Cocteau exposés par le cabinet Quirinal


Il y a quelques jours notre promotion a été invitée, grâce au contact établi par notre camarade Roxane Cellier, à découvrir au gré d'une visite exclusive au cabinet Quirinal la courte mais très plaisante exposition de portraits de ou par Jean Cocteau – soit qu’il les a réalisés lui-même, soit qu’il a servi d’inspiration à ses nombreux proches et rencontres. Non content d’être un artiste touche-à-tout dans les lettres et les arts graphiques, Cocteau était en effet de surcroît une figure intellectuelle de premier plan dans la France du siècle dernier, dotée d’un charisme rare qui explique la folle quantité de représentations conservées de lui.

Une figure aussi au sens propre, que Cocteau a su mettre en scène pour bâtir habilement sa légende. Mais c’est plutôt dans son intimité, au travers d’une petite vingtaine d’œuvres, que nous proposait d’entrer, le temps d’une semaine de novembre, le cabinet Quirinal spécialisé dans le conseil en investissement artistique à des fins de diversification patrimoniale. Dans ses élégants locaux, nouvellement investis à vue de l’opéra Garnier, les trois associés ont su convaincre des collectionneurs particuliers de se séparer quelques temps de leurs pépites, en écho à la réouverture de la demeure du poète de Milly-la-Forêt. Pierre-Antoine Martenet a, pour nous, rempli avec brio le temps d'un soir les rôles de commissaire d’exposition et de guide, agrémentant le parcours d'anecdotes parfois peu connues, et de commentaires savoureux. Un exercice délicat pour qui n'est ni historien de l'art ni médiateur culturel, et qui justifie d'excuser les quelques omissions ou imprécisions constatées.

Il s’agit en effet d’une initiative inédite pour cette petite équipe, qui désire s’ouvrir à de nouvelles pratiques pour promouvoir son activité, en démontrant sa capacité à établir et maintenir une relation de confiance avec ses clients, prêteurs pour l’occasion. Monter cette exposition discrète est un judicieux moyen de gagner en visibilité et crédit auprès de collectionneurs, souvent exigeants, qui sont autant de clients potentiels. C'est pourquoi le cabinet Quirinal ne revendique aucunement le professionnalisme d’un musée ni de se transformer en galerie, ne souhaitant pas exposer continuellement. Pour autant, la réussite de cette première tentative peut tout à fait le confirmer dans son envie affichée de renouveler périodiquement l’exercice.


Nous avons pu noter en effet le soin apporté à un accrochage intelligent dans des espaces contraignants, justifiant en partie le peu d’œuvres présentées. Celui-ci était utilement et agréablement complété par un livret thématique fournissant citations, reproductions et explications en quantité suffisante pour embrasser l’ensemble du propos.

Quatre sections sont ainsi distinguées. D’abord Cocteau vu par lui-même au travers d’une série d’autoportraits de jeunesse et d'âge mûr, jettant une lumière crue sur la perception infiniment complexée qu’avait Cocteau de son apparence. Une relative fragilité confirmée par les toiles et croquis des amis de Cocteau qui le représentent, qui ont pour la plupart été réalisées avant que Cocteau devienne l'éminent intellectuel que l’on a gardé en mémoire – et en images. Puis, enfin, nous sont offerts quelques oeuvres dessinées par Cocteau, figurant à son tour ses amis ou amours, souvent issus des milieux littéraire et artistique, tantôt bohème puis plus mondain avec la famille Weisweiller, qui lui fait connaître le bonheur de la villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Intimité et chaleur ont été en définitive les maîtres-mots de notre visite : une atmosphère rendue autant par les dix-neuf oeuvres, nées de quelques coups de crayon ou pinceau, et colorées le cas échéant d'une palette simple requise par l'humilité d'un portrait d'ami ou d'amant, que par le dévouement affiché par l'équipe pour nous faire passer un moment agréable, informel et humain. Nul doute dès lors que nous suivrons attentivement les prochains événements que ces trois conseillers innovants souhaitent mettre sur pied, en étant certains qu'ils seront encore meilleurs.


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